Quarante arcanes mineurs numérotés forment un ensemble intimidant à apprendre. Trente-six d'entre eux ont une structure sous-jacente, et la connaître les rend beaucoup moins arbitraires.
Trente-six et trente-six
La coïncidence sur laquelle repose le système, et elle est bien réelle.
Chaque signe du zodiaque se divise en trois segments de dix degrés, appelés décans ou faces. Douze signes fois trois, cela donne trente-six.
Les arcanes mineurs comptent quatre couleurs de dix cartes numérotées, de l'as au dix, soit quarante. Mets les quatre as de côté, puisqu'ils sont traditionnellement traités comme l'expression pure de leur élément plutôt que comme une position, et quarante devient trente-six.
Trente-six décans, trente-six mineurs numérotés. La correspondance est assez nette pour que, une fois qu'on l'a vue, l'association paraisse inévitable.
Les décans sont bien plus anciens que le tarot. On les trouve dans l'astronomie égyptienne antique, puis dans la pratique astrologique hellénistique, où chacun se voyait attribuer un régent planétaire. C'est la correspondance avec le tarot qui est récente.
Comment fonctionne la correspondance des décans
La structure, et elle est systématique.
Chaque couleur reçoit un élément, et chaque élément gouverne trois signes. Les Bâtons prennent le feu, donc Bélier, Lion et Sagittaire. Les Coupes prennent l'eau, donc Cancer, Scorpion et Poissons. Les Épées prennent l'air, donc Balance, Verseau et Gémeaux. Les Deniers prennent la terre, donc Capricorne, Taureau et Vierge.
Dans chaque couleur, les neuf cartes numérotées de deux à dix correspondent aux neuf décans des trois signes de cet élément, dans l'ordre.
Chaque décan porte aussi un régent planétaire, attribué selon une séquence répétitive à travers les planètes traditionnelles. Chaque mineur numéroté se retrouve donc avec une planète et un segment de signe.
Exemple travaillé. Le Deux de Bâtons correspond au premier décan du Bélier, régi par Mars. Le Bélier est du feu cardinal et Mars en est le régent, donc la carte se situe au point de feu initiateur maximal. Les praticiens lisent le Deux de Bâtons comme le moment où l'on évalue ce qui a été entamé et où l'on décide comment le diriger, ce qui est cohérent avec ce placement.
Autre exemple. Le Cinq d'Épées correspond à un décan du Verseau régi par Vénus. Les cinq sont traditionnellement difficiles, les Épées relèvent de l'air et du conflit, et Vénus dans un contexte de conflit se lit comme un résultat creux ou coûteux. La lecture habituelle de la carte, une victoire qui abîme la relation, découle de ces composantes.
Ce que ça ajoute à une carte
La valeur pratique, et elle tient surtout à la cohérence plutôt qu'à une information nouvelle.
Ça explique des sens qui paraissent arbitraires. Un tarologue qui connaît le décan voit pourquoi le Cinq d'Épées se lit ainsi, plutôt que de le mémoriser par cœur.
Ça donne trois voies qui se renforcent. Le nombre, la couleur et le décan devraient s'accorder. Quand c'est le cas, la lecture est solide. Quand ce n'est apparemment pas le cas, l'un des trois a en général été mal lu.
Ça relie à la temporalité astrologique. Les praticiens qui pratiquent les deux arts relient parfois le décan d'une carte à la position actuelle des planètes, mais cela glisse vers la prédiction et sort du cadre de cet article.
Ça rend les mineurs apprenables. Trente-six cartes dotées d'une structure génératrice constituent un problème d'apprentissage bien plus réduit que trente-six cartes à mémoriser.
Comment c'est enseigné dans Astra Trainer
Ceci complète Tarot et astrologie, l'un des quatre sous-thèmes de la direction Tarot du monde Spirituel.
Ce sous-thème suit l'article sur l'origine des correspondances, et il se relie à la direction Astrologie, où les décans apparaissent comme une dignité à part entière. Les leçons durent environ cinq minutes, et chacune a son fil de discussion.
Les dignités élémentaires
Une technique distincte venant de la même source, et elle porte sur la façon dont les cartes s'influencent entre elles plutôt que sur ce qu'elles signifient isolément.
Chaque couleur porte un élément, et les éléments ont des relations entre eux. Quand des cartes se retrouvent voisines dans un tirage, ces relations renforcent ou affaiblissent ce que chaque carte exprime.
Le schéma standard.
Même élément. Renforcement maximal. Deux cartes de Coupes s'intensifient mutuellement.
Éléments amis. Le feu avec l'air, la terre avec l'eau. Ils se soutiennent mutuellement, et les deux cartes se lisent à presque pleine puissance.
Éléments opposés. Le feu avec l'eau, l'air avec la terre. Ils s'affaiblissent mutuellement, et la tradition lit les deux cartes comme diminuées plutôt que l'une comme vainquant l'autre.
Associations neutres. Le feu avec la terre, l'air avec l'eau. Peu d'interaction, et les cartes se lisent largement pour elles-mêmes.
Les majeurs sont traités de diverses façons. Certains praticiens attribuent à chaque majeur son élément d'après la table des correspondances et l'incluent dans le calcul. D'autres considèrent les majeurs comme hors du schéma, au motif qu'ils opèrent à un autre niveau.
Appliquer les dignités dans un tirage
Comment la technique s'utilise, en pratique.
Les groupes de trois cartes sont l'application classique. La carte centrale est le sujet, et les deux cartes qui l'encadrent la renforcent ou l'affaiblissent selon leur élément par rapport à elle.
Deux cartes encadrantes du même élément que le centre le rendent emphatique.
Deux cartes opposées à lui l'affaiblissent, et la lecture doit le dire plutôt que de livrer la carte à pleine puissance.
Une amie et une opposée donnent une lecture nuancée : la carte tient, avec quelque chose qui joue contre elle.
L'intérêt, c'est que ça produit des nuances. Sans les dignités, chaque carte d'un tirage parle au même volume. Avec elles, certaines cartes sont accentuées et d'autres atténuées, ce qui se rapproche davantage de la façon dont les situations se comportent réellement.
Ça donne aussi au tarologue une raison structurée de dire qu'une carte ne fait pas grand-chose, ce qui est une chose utile à pouvoir dire et difficile sans méthode pour cela.
Les réserves honnêtes
Trois choses qui vont de pair avec la technique.
La correspondance avec le tarot date du dix-neuvième siècle. Les décans sont anciens et la correspondance décan-carte vient de l'Aube Dorée, comme l'explique l'article compagnon. La technique de dignité élémentaire vient de la même source.
Les attributions des couleurs sont contestées. Les systèmes ne s'accordent pas sur le fait que les Bâtons prennent le feu et les Épées l'air, ou l'inverse. Comme les dignités dépendent entièrement des éléments des couleurs, ce désaccord change chaque calcul de dignité, ce qui n'est pas une réserve mineure.
Beaucoup de tarologues n'utilisent ni l'une ni l'autre technique. Les tarologues de tradition marseillaise travaillent en général à partir de la structure des nombres et des couleurs, sans décans ni dignités, et lisent les cartes avec compétence. Ce sont des outils au sein d'un système, et non des exigences du tarot.
La position raisonnable est celle que ce monde adopte partout. Le système est cohérent, utile et récent, et un tarologue doit savoir laquelle de ces trois qualités s'applique à telle ou telle affirmation.
Ce n'est pas une base pour décider. Cet article décrit des techniques telles que les praticiens les utilisent au sein de leur propre tradition. Le tarot et l'astrologie ne sont pas des sources de conseil médical, psychologique, financier ou juridique, et rien ici ne doit orienter des décisions dans ces domaines. Pour une question de santé, consulte un professionnel de santé qualifié, et pour une question financière ou juridique, un professionnel qualifié dans ce domaine.
Ce qu'il faut retenir
Trente-six décans et trente-six mineurs numérotés, une fois les quatre as mis de côté, et l'Aube Dorée a fait correspondre les uns aux autres.
Chaque mineur numéroté gagne une planète et un segment de zodiaque, ce qui explique des sens qui devraient sinon être mémorisés par cœur.
Le nombre, la couleur et le décan devraient s'accorder, et quand ce n'est apparemment pas le cas, l'un des trois a en général été mal lu.
Les dignités élémentaires laissent des cartes voisines se renforcer ou s'affaiblir entre elles, ce qui donne à un tirage des nuances de volume plutôt qu'un niveau unique partout.
Et les deux techniques datent du dix-neuvième siècle, les attributions de couleurs dont elles dépendent sont contestées, et bien des tarologues s'en passent très bien.
Que sont les décans en tarot ?
Des divisions de dix degrés du zodiaque, trente-six au total. Les trente-six arcanes mineurs numérotés de deux à dix, sur quatre couleurs, leur correspondent, donnant à chaque carte une planète et un segment de zodiaque.
Pourquoi les as sont-ils exclus ?
Parce qu'ils sont traditionnellement traités comme l'expression pure de leur élément plutôt que comme une position au sein d'un signe, ce qui laisse trente-six cartes numérotées pour correspondre aux trente-six décans.
Que sont les dignités élémentaires ?
Une technique où des cartes voisines se renforcent ou s'affaiblissent selon l'élément de leur couleur. Le même élément renforce, le feu avec l'air et la terre avec l'eau se soutiennent, le feu avec l'eau et l'air avec la terre s'affaiblissent, et les autres associations sont neutres.
Pourquoi les éléments des couleurs comptent-ils autant ?
Parce que les dignités en dépendent entièrement, et les systèmes ne s'accordent pas sur le fait que les Bâtons prennent le feu et les Épées l'air, ou l'inverse. Ce désaccord change chaque calcul de dignité.
Faut-il apprendre les décans pour lire le tarot ?
Non. Les tarologues de tradition marseillaise travaillent à partir de la structure des nombres et des couleurs, sans décans ni dignités. Ce sont des outils au sein du système de l'Aube Dorée, et non des exigences de la pratique.



