Tu n’as pas affaire à un inconnu assis de l’autre côté de la table. La personne connaît ton travail et tu la retrouveras probablement en réunion dès demain, quelle que soit l’issue de la discussion. Demander davantage peut donc ressembler moins à une négociation qu’à un reproche, comme si réclamer une augmentation revenait à l’accuser de t’avoir volontairement sous-payé. Ce malaise particulier n’existe pas lorsque tu négocies avec une entreprise que tu n’as pas encore rejointe.
L’article Les bases de la négociation présente les principes qui s’appliquent aussi ici, comme distinguer les intérêts des positions et connaître ta MESORE, c’est-à-dire ta meilleure solution de rechange. Cet article se concentre sur la manière de négocier avec une personne pour qui tu travailles déjà.

Pourquoi est-ce si gênant de demander une augmentation ?
Parce que la relation ne s’arrête pas à la fin de la conversation. Face à un nouvel employeur, tu peux négocier fermement, refuser ou accepter : l’échange reste essentiellement transactionnel. Avec ton responsable, tu négocies au sein d’une relation professionnelle qui doit continuer à fonctionner. La charge émotionnelle est donc plus forte, même si ta demande est parfaitement raisonnable.
Ce malaise ne signifie pas que tu t’y prends mal. Il vient du fait que tu négocies au sein d’une relation, et non en dehors de celle-ci.
Une autre crainte mérite d’être formulée clairement : celle de paraître ingrat, comme si vouloir gagner davantage signifiait que tu n’apprécies pas ce que tu as déjà. Pourtant, ces deux idées ne sont pas liées. Tu peux être sincèrement heureux d’avoir ce poste tout en étant sous-payé par rapport à ta valeur sur le marché. Ces deux réalités coexistent très souvent.
Quel est le meilleur moment pour demander une augmentation ?
Le meilleur moment se situe peu après une contribution récente et clairement identifiable : un projet mené à bien, un objectif atteint ou de nouvelles responsabilités assumées. Idéalement, fais ta demande avant ou pendant la préparation des budgets de l’entreprise, plutôt qu’au cours d’un trimestre difficile ou juste après une erreur de ta part.
Certaines périodes sont plus favorables que d’autres. Juste après une réussite visible, lorsque ta contribution est encore fraîche dans tous les esprits, ton argumentation aura plus de poids que six mois plus tard, quand cette réussite sera devenue « une simple partie du travail ». L’entretien annuel constitue également une occasion naturelle. Enfin, si tes responsabilités se sont réellement élargies, tu disposes de l’une des justifications les plus claires et les moins gênantes pour lancer la discussion.
Évite de faire ta demande pendant un gel des recrutements, juste après un plan de licenciement ou au cours d’une discussion consacrée à une erreur dont tu assumes encore les conséquences. Un mauvais timing peut rendre une demande raisonnable déplacée avant même que tu aies présenté tes arguments.
Comment parler d’augmentation avec ton responsable ?
Commence par demander un rendez-vous consacré au sujet, au lieu de l’aborder au milieu d’une autre réunion ou, pire encore, dans un message sur Slack. Une discussion salariale mérite un créneau dédié. Cela montre que tu la prends au sérieux et laisse à ton responsable le temps de se préparer plutôt que de devoir réagir à chaud.
« J’aimerais que nous prenions un moment pour parler de ma rémunération. J’ai assumé davantage de responsabilités depuis notre dernière discussion et je voudrais m’assurer que mon salaire en tient compte. Pourrions-nous prévoir 20 minutes cette semaine ? »
Cette formulation a deux avantages. Elle annonce clairement le sujet pour ne pas prendre ton responsable au dépourvu, et elle fonde ta demande sur l’évolution de ta contribution plutôt que sur le simple sentiment de mériter davantage.
Lors du rendez-vous, commence par présenter tes preuves avant d’annoncer un montant : tes résultats, les changements intervenus depuis la dernière fixation de ton salaire et, si tu en disposes, les données du marché correspondant à ton poste. Si tu annonces trop tôt le montant souhaité, le reste de la conversation risque de ressembler à une justification ajoutée après coup.
Que répondre si le budget ne permet pas d’augmentation ?
Considère l’absence de budget comme une contrainte précise, et non comme une réponse définitive. Au lieu de t’arrêter au premier refus, demande quelles autres options sont envisageables.
« Je comprends que le budget soit serré en ce moment. Pourrions-nous en reparler à une date précise, par exemple le trimestre prochain ou lors du prochain cycle budgétaire ? En attendant, existe-t-il une marge de manœuvre sur d’autres éléments, comme mon intitulé de poste, des jours de congé supplémentaires ou une prime exceptionnelle ? »
Si la réponse reste vague, comme « on verra », tu peux demander une date de suivi précise : « Je comprends tout à fait. Pourrions-nous fixer dès maintenant une date pour en reparler, afin que le sujet ne disparaisse pas simplement des priorités ? » Sans date de suivi, un vague « on verra » a tendance à ne jamais revenir sur la table.

Quel montant demander pour une augmentation ?
Demande un montant précis, étayé par des faits, plutôt que de réclamer vaguement une rémunération « plus juste ». Il est plus facile pour ton responsable de défendre en interne un chiffre précis et justifié qu’une demande ouverte qu’il devra interpréter et argumenter à ta place.
Un chiffre sans justification ouvre un débat. Un chiffre justifié appelle une décision.
Si tu vises surtout un changement d’intitulé et un élargissement important de tes responsabilités, plutôt qu’une simple hausse en pourcentage pour le même poste, il s’agit d’une discussion proche mais différente. Notre guide pour négocier une promotion avec le bon timing et les bons mots approfondit cette situation.
Que faire si ton augmentation est refusée ?
Demande ce qui devrait changer pour obtenir une réponse différente la prochaine fois, puis cherche à obtenir des critères aussi concrets que possible. Un « pas maintenant » sans condition risque de se répéter indéfiniment. En revanche, « pas maintenant, mais voici les résultats que j’attends » te donne un véritable objectif à atteindre.
Il est également important de distinguer un refus lié au calendrier d’un refus lié à la valeur accordée à ton travail. « Pas pendant ce cycle, mais voici le plan » envoie un signal très différent de celui d’un responsable incapable d’expliquer ce qui devrait changer pour qu’une augmentation soit possible.
Comment préparer la suite après la discussion ?
Le malaise est réel, mais il ne signifie pas que ta demande est déplacée ou que tu as un problème. C’est simplement la difficulté normale d’une négociation menée au sein d’une relation professionnelle que tu souhaites préserver, plutôt que l’évaluation de ta valeur par un inconnu. Choisis le bon moment, appuie-toi sur des preuves, demande un montant précis et considère un refus comme le point de départ de la prochaine discussion, pas comme un verdict définitif.
Pourquoi est-ce gênant de demander une augmentation à son responsable ?
Parce que tu négocies au sein d’une relation professionnelle qui doit continuer après la discussion, et non dans le cadre d’un échange transactionnel que tu peux simplement quitter. Ce malaise ne signifie pas que tu t’y prends mal : il vient du contexte, pas d’un défaut personnel.
Quand faut-il demander une augmentation de salaire ?
Fais ta demande peu après une contribution récente et clairement identifiable, de préférence avant ou pendant la préparation des budgets de l’entreprise. Évite les périodes de gel des recrutements, les lendemains de licenciements ou le moment où tu dois encore corriger une erreur récente.
Comment lancer une discussion sur son augmentation ?
Demande un rendez-vous spécialement consacré à ta rémunération au lieu d’aborder le sujet de manière informelle. Commence par présenter tes résultats et l’évolution de tes responsabilités avant d’annoncer un montant, afin que celui-ci apparaisse comme une conclusion logique plutôt que comme une exigence.
Que répondre si mon responsable dit qu’il n’y a pas de budget ?
Considère le manque de budget comme une contrainte précise, et non comme une réponse définitive. Demande si d’autres options sont possibles, comme un nouvel intitulé, des congés supplémentaires ou une prime exceptionnelle. Tu peux aussi fixer une date précise pour reprendre la discussion.
