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Comment négocier son salaire : un script qui marche

Marcus
Negotiation & Leadership Coach
Mis à jour le
11 min de lecture

Tu sais qu’il faut négocier. Tu l’as déjà lu partout. Mais personne ne te donne la phrase exacte à prononcer quand le chiffre tombe, que le silence s’installe et que tout le monde attend ta réponse. Alors tu dis « ça me paraît très bien », le moment passe, puis tu refais toute la conversation sur le chemin du retour en imaginant ce que tu aurais dû dire.

Cet article te donne cette phrase, puis toutes celles qui peuvent suivre. Les formulations ci-dessous sont faites pour être adaptées, pas récitées mot pour mot. L’objectif est de t’offrir une structure efficace et des phrases naturelles que tu peux ajuster à ta situation, pas un texte à apprendre comme au théâtre. Les bases de la négociation présente les principes essentiels — BATNA, intérêts et positions, raisons pour lesquelles cet exercice est si inconfortable — si tu préfères commencer par la théorie. Ici, nous passons directement aux mots à employer.

Gros plan sur des mains tapant un brouillon d’e-mail de négociation salariale sur un ordinateur portable

Que dire pour commencer une négociation salariale ?

Commence par demander à en discuter, sans annoncer tout de suite un chiffre. Une entrée en matière simple et naturelle fonctionne mieux qu’une grande déclaration :

« Merci pour votre proposition, ce poste m’enthousiasme vraiment. Avant de vous donner ma réponse, j’aimerais discuter de la rémunération. Auriez-vous quelques minutes cette semaine ? »

Cette formulation remplit deux fonctions. Elle montre ton intérêt sincère, ce qui compte, car les employeurs sont généralement plus souples avec les candidats qu’ils pensent proches d’accepter. Elle distingue aussi le fait de demander une négociation de la négociation elle-même, ce qui réduit l’enjeu du premier message. Tu ne poses aucune exigence par écrit : tu proposes simplement un échange, ce que presque personne ne refuse.

Si tu es déjà face à ton interlocuteur et que le chiffre vient d’être annoncé, tu peux enchaîner ainsi :

« Merci. Puis-je prendre un moment pour vous répondre de façon réfléchie, plutôt que de réagir à chaud ? »

Cette seule phrase t’accorde la pause que la plupart des gens oublient de prendre. Or, prendre le temps avant de répondre vaut mieux que n’importe quelle formule brillante improvisée sur le moment.

Évite de commencer par t’excuser (« désolé, je sais que c’est un peu délicat ») ou de justifier le simple fait de poser la question (« j’espère que cela ne paraîtra pas déplacé »). Dans les deux cas, tu laisses entendre que tu t’attends à un refus. Or, ton interlocuteur ajuste souvent sa marge de manœuvre à la résistance qu’il pense rencontrer.

Comment justifier une demande de salaire plus élevé ?

Appuie-toi sur des faits, pas sur tes émotions : données du marché, contributions précises ou comparaison avec une fourchette publiée. Présente ces éléments simplement, sans t’excuser de les mentionner.

Voici l’enchaînement qui fonctionne généralement le mieux :

  1. 1Commence par exprimer ton enthousiasme. « Ce poste et la perspective de rejoindre l’équipe m’enthousiasment vraiment. » Placée avant toute demande, cette phrase présente l’échange comme une négociation entre deux parties qui souhaitent parvenir à un accord, et non comme un affrontement.
  2. 2Annonce ton chiffre en t’appuyant sur une référence externe. « Au regard des rémunérations proposées sur le marché pour des postes comparables, je m’attendais plutôt à un montant proche de $X. » Cette référence déplace la discussion : il ne s’agit plus de savoir ce que tu estimes personnellement mériter, mais ce que vaut objectivement ce poste sur le marché.
  3. 3Ajoute brièvement une raison précise. « Comme le périmètre du poste comprend [responsabilité précise], ce montant me semble cohérent. » Limite-toi à une phrase. Une longue justification donne l’impression que tu supplies ; une justification courte inspire confiance.
  4. 4Arrête de parler. Une fois le chiffre et la raison annoncés, laisse le silence s’installer. C’est l’étape la plus difficile, et celle que la plupart des gens évitent en atténuant aussitôt leur propre demande.

Le silence qui suit une demande n’est pas un vide gênant à combler. C’est le moment où ta demande produit son effet.

Infographie en quatre étapes présentant la demande de salaire : enthousiasme, référence, raison et silence
Les quatre étapes, dans l’ordre : oublier la dernière est l’erreur la plus fréquente.

Que répondre si l’employeur refuse ta demande ?

Commence par nommer l’objection à voix haute avant d’y répondre. Cette technique vient de la négociation de crise : mettre des mots sur ce que ressent l’autre personne réduit sa résistance avant même que tu présentes ta contre-proposition. La psychologie de la négociation et les leçons des négociateurs de crise approfondit cette méthode, mais sa version courte s’applique directement ici.

Si l’on te répond que ton chiffre est trop élevé, essaie ceci :

« J’ai l’impression que ce montant dépasse ce que vous aviez prévu de proposer. Pourriez-vous m’aider à comprendre ce qui limite votre marge de manœuvre ? »

Cette phrase fait deux choses à la fois. Elle reconnaît la position de ton interlocuteur sans abandonner la tienne, puis transforme son objection en information exploitable, plutôt qu’en obstacle infranchissable.

Si l’on te fait une contre-proposition plus basse, résiste à l’envie de l’accepter immédiatement ou de répéter aussitôt ta demande initiale. Une approche intermédiaire fonctionne mieux :

« Merci d’avoir revu votre proposition. Serait-il possible de trouver un compromis entre les deux montants ? Sinon, existe-t-il une marge de manœuvre sur un autre élément — prime à l’embauche, date de révision salariale ou intitulé du poste — qui permettrait de réduire l’écart ? »

Tu élargis ainsi la discussion à plusieurs variables au lieu de considérer le salaire comme le seul levier. C’est souvent parmi ces autres éléments que se cache la véritable marge de négociation.

Autre objection fréquente : un refus catégorique sans explication, comme « ce n’est tout simplement pas possible ». Au lieu de céder ou de répéter plus fermement ta demande, transforme cette impasse en question sur le processus :

« Je comprends. S’agit-il d’une limite prévue par la politique de l’entreprise, ou une autre personne aurait-elle une meilleure visibilité sur les marges de manœuvre possibles ? »

Cette réponse n’a rien d’agressif et elle est utile : soit elle révèle une véritable contrainte avec laquelle tu peux composer, soit elle montre que le « non » était une réponse automatique plutôt qu’une règle absolue.

Que répondre si le budget est fixe ?

Considère « le budget est fixe » comme une information concernant un montant précis, et non comme la fin de toute la discussion. La rémunération se limite rarement à une seule ligne : elle comprend généralement le salaire de base, les primes, l’intéressement au capital, la date de prise de poste, les congés, la possibilité de télétravailler et l’intitulé du poste. Le mot « fixe » ne s’applique presque jamais à tous ces éléments à la fois.

Voici une réponse utile :

« Je comprends que le salaire de base est fixé. Existe-t-il une marge de manœuvre concernant la prime à l’embauche, la date de prise de poste ou une révision salariale anticipée, puisque ces éléments semblent distincts de la grille de salaire ? »

C’est précisément le type de situation abordé dans négocier son salaire sans offre concurrente. Quand ton rapport de force ne repose pas sur une autre proposition, il consiste à repérer les variables qui ne sont pas réellement figées et à poser des questions précises à leur sujet, plutôt que de considérer le premier « non » comme définitif.

Si la réponse est réellement négative sur tous les points, demande directement :

« Je comprends. Quand serait-il pertinent de reprendre cette discussion, et quels objectifs devrais-je atteindre pour que la réponse puisse être différente à ce moment-là ? »

Tu transformes ainsi un refus catégorique en une échéance future concrète. Cette demande ne te coûte rien et elle est souvent acceptée, précisément parce qu’elle paraît raisonnable.

Gros plan sur un stylo posé sur une offre d’emploi imprimée, avec un montant entouré à l’encre

Comment conclure une négociation salariale ?

Avant d’accepter, confirme à voix haute ou par écrit l’ensemble des conditions proposées. Termine aussi l’échange sur une note positive, quel que soit le résultat : tu travailleras probablement avec ces personnes, et elles se souviendront autant de ta manière de négocier que de ce que tu as obtenu.

Une conclusion claire peut ressembler à ceci :

« Cela me convient. Pourriez-vous m’envoyer l’offre définitive précisant le salaire de base, la structure des primes et la date de prise de poste afin que je puisse la relire par écrit ? »

Demander une confirmation écrite ne traduit pas un manque de confiance. C’est une pratique normale, qui montre que tu prends le processus au sérieux.

Si tu n’as pas obtenu tout ce que tu demandais, termine par une phrase qui laisse la porte ouverte plutôt que de donner une impression de résignation :

« Merci d’avoir pris le temps d’étudier ma demande avec moi. J’ai hâte de commencer. »

Cette phrase ne te coûte rien et préserve une relation professionnelle qui pourrait durer plusieurs années.

Avant de conclure, décide si une demande non satisfaite mérite d’être abordée plus tard ou s’il vaut mieux l’abandonner définitivement. Tous les écarts ne doivent pas être remis sur la table lors du prochain entretien : mieux vaut parfois tourner la page afin de commencer la relation sur des bases solides, plutôt que de tenir le compte de tout ce que tu n’as pas obtenu.

Comment négocier son salaire par e-mail ?

Prends encore plus ton temps qu’en face à face, car l’e-mail efface le ton de la voix. Une demande qui semblerait calme et assurée à l’oral peut paraître froide ou exigeante à l’écrit si elle est trop sèche.

Voici un bon exemple d’e-mail pour commencer :

« Merci pour votre proposition, cette opportunité m’enthousiasme beaucoup. Avant de vous donner ma réponse, j’aimerais discuter de la rémunération. D’après les données du marché pour des postes comparables, j’espérais que nous pourrions envisager un montant plus proche de $X. Seriez-vous disponible pour un bref appel afin d’en parler ? »

Deux habitudes sont particulièrement importantes par e-mail. Premièrement, propose toujours un appel au lieu de mener toute la négociation par écrit. Une conversation en direct fait apparaître des marges de manœuvre qu’un échange d’e-mails tend à transformer en positions figées, un piège détaillé dans les erreurs fréquentes en négociation salariale. Deuxièmement, formule peu de demandes et reste précis : un chiffre clair, une raison claire et une question claire. Un long e-mail rempli de demandes appelle souvent une réponse tout aussi longue, mais évasive.

Le délai de réponse joue également un rôle propre aux échanges par e-mail. Répondre dans la journée montre ton intérêt et entretient la dynamique ; attendre une semaine peut passer pour de l’hésitation, même si tu es simplement très occupé. Si tu as besoin de réfléchir davantage, dis-le clairement au lieu de disparaître. Une phrase courte comme « J’aimerais prendre deux jours pour étudier la proposition ; puis-je revenir vers vous jeudi ? » ne te coûte rien et évite que ton silence soit mal interprété.

Si formuler cette demande te semble particulièrement difficile — pas seulement inconfortable, mais presque impossible à faire — sache que cette expérience est assez courante et obéit à des mécanismes qu’il peut être utile de comprendre. Ils sont présentés dans la négociation salariale des femmes et cet écart d’assurance qui ne relève pas vraiment de la confiance en soi.

Comment te préparer avant de négocier ton salaire

Aucune de ces phrases n’est magique. Elles fonctionnent parce que chacune remplit un rôle précis : réduire l’enjeu de la demande, s’appuyer sur une référence externe, nommer la résistance plutôt que la combattre et laisser la discussion ouverte au lieu d’accepter le premier refus. Relis-les avant ton prochain échange, adapte les détails à ta situation et prononce-les une fois à voix haute avant le jour J. Une phrase répétée à l’avance sortira toujours plus clairement qu’une formule inventée sous pression.

Smartphone posé sur un bureau affichant le brouillon d’un message de suivi après une négociation salariale
Frequently asked questions
Que dire pour commencer une négociation salariale ?

Demande d’abord à discuter de la rémunération, sans annoncer immédiatement ton chiffre : « Avant de vous donner ma réponse, j’aimerais discuter de la rémunération. Auriez-vous quelques minutes cette semaine ? » Tu montres ainsi ton intérêt tout en distinguant la demande d’échange de la négociation elle-même, ce qui réduit la pression du premier message.

Comment justifier une demande de salaire plus élevé ?

Appuie-toi sur des faits, pas sur tes émotions, dans cet ordre : exprime d’abord ton enthousiasme, relie ton chiffre aux données du marché, ajoute brièvement une raison précise, puis arrête de parler. Le silence qui suit est l’étape la plus difficile et la plus importante : ce n’est pas un vide gênant, mais le moment où ta demande produit son effet.

Que répondre si l’employeur refuse le salaire demandé ?

Commence par nommer l’objection : « J’ai l’impression que ce montant dépasse ce que vous aviez prévu. Pourriez-vous m’aider à comprendre ce qui limite votre marge de manœuvre ? » Si l’employeur propose un chiffre inférieur, interroge-le sur d’autres leviers, comme la prime à l’embauche ou la date de révision salariale, plutôt que de débattre uniquement du salaire de base.

Que faire si l’employeur dit que le budget est fixe ?

Considère cette réponse comme une information sur un élément précis, pas sur toute la rémunération. Interroge ton interlocuteur sur la prime à l’embauche, la date de prise de poste ou une révision salariale anticipée : le caractère « fixe » s’applique rarement à tous les éléments. Si rien n’est négociable, demande quand il sera possible de reprendre la discussion.

Comment conclure une négociation salariale après un accord ?

Avant d’accepter, fais confirmer par écrit l’ensemble des conditions et termine l’échange sur une note positive, quel que soit le résultat. Tu peux dire : « Pourriez-vous m’envoyer l’offre définitive afin que je puisse la relire par écrit ? » Obtenir une confirmation écrite est une pratique normale, pas un signe de méfiance.

Comment négocier son salaire par e-mail ?

Prends davantage ton temps, car l’e-mail ne transmet pas le ton de la voix. Propose toujours un appel plutôt que de tout négocier par écrit : une conversation en direct révèle des marges de manœuvre que l’e-mail tend à figer. Formule peu de demandes, reste précis et réponds dans la journée pour montrer ton intérêt.

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